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Pour améliorer d’une manière durable les conditions de travail dans l’industrie de production d’ordinateurs, Pain pour le Prochain et l’Action de Carême formulent trois revendications à l’intention des entreprises.
La reconnaissance de leur responsabilité sociale sur toute la chaîne de production - Le respect, sur toute la chaîne de production, des droits fondamentaux et des Conventions de base de l’Organisation internationale du travail (OIT)
- L'information et la formation des ouvriers/ères à leurs droits, dans les usines de production, en collaboration avec des organisations non-gouvernementales et syndicats locaux
Les grandes entreprises prennent conscience de leur responsabilité sociale Les enquêtes de terrain et les campagnes initiées depuis 2004 ont engendré un début de prise de conscience dans le secteur électronique. Pour répondre aux préoccupations de l’opinion publique, Hewlett Packard, Dell, Apple ou encore Fujitsu Siemens ont adopté un code de conduite et certaines firmes ont adhérés au EICC - Electronic Industry Code of Conduct (voir lien ci-dessous). L’adoption d’un code de conduite constitue un premier pas important: il révèle que les marques reconnaissent explicitement leur responsabilité sociale sur toute la chaîne de production.
Respect des droits fondamentaux du travail Pour qu’un code de conduite soit crédible, il faut cependant qu’il se réfère clairement au Conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT) et que son contenu garantisse sans ambiguïté les quatre principes fondamentaux et universels du droit du travail, à savoir : - la liberté d'association et le droit à la négociation collective
(Conventions 87 et 98) - l’interdiction du travail forcé
(Conventions 29 et 105) - la non-discrimination
(Conventions 100 et 111) - l’interdiction du travail des enfants
(Conventions 138 et 182)
A ces principes s’ajoutent quatre autres droits reconnus comme essentiels et détaillés dans diverses conventions de l’OIT, à savoir: - des mesures de protection pour la santé et la sécurité sur le lieu de travail
(Convention 155) - une relation de travail formalisée (contrat d’une durée minimale, modalités claires et justes pour la démission et le licenciement)
(ILO Tripartite Declaration of principles, art. 24-28) - la garantie d’un salaire décent (qui corresponde au moins au minimum légal local et permette de satisfaire tous les besoins fondamentaux)
(ILO Tripartite Declaration of principles, art. 34) - le respect de la réglementation nationale et internationale sur les horaires de travail. Au total, une semaine d’ouvrage ne doit pas compter plus de 60 heures (temps supplémentaire compris). Qui plus est, les heures supplémentaires doivent être effectuées volontairement et rémunérées à un taux supérieur.
(Convention 1)
Dans les codes de conduite adoptés par les marques occidentales, ces huit droits sont trop souvent formulés de façon imprécise. Certains sont simplement omis. Résultat: dans les usines de production des ordinateurs, les ouvriers/ères sont soumises à un dumping social qui enfreint les législations internationales du travail.
Le droit du travail: une question d’(in)formation La formation et l’information des travailleurs/euses sont au fondement de tout progrès social: pour défendre ses droits, il faut les connaître. Or, l’expérience montre que si les entreprises forment les cadres supérieurs des usines au respect des codes de conduite, elles négligent les employé-e-s des chaînes de production, qui sont dans l’ignorance de leurs droits. Pire, dans les zones franches des pays en développement, les représentants des syndicats, voire du personnel, sont fréquemment harcelés, menacés ou licenciés. Pain pour le prochain et l’Action de Carême demandent donc aux marques occidentales de s’engager à : - garantir la liberté d’association et de négociation des représentants du personnel et/ou des syndicats
- soutenir la formation des ouvriers/ères dans les usines de production.
Pour créer un précédent, Pain pour le Prochain et l’Action de Carême prévoient de soutenir un projet de formation des ouvriers/ères de l’électronique en Chine (et éventuellement aux Philippines). Les enseignements d’un tel projet pilote seront précieux pour la suite de la campagne et pour le travail des marques plus progressistes.
Quels sont les objectifs à long terme de la campagne? La campagne de cartes postales constitue le début d’un processus dont l’objectif est d’établir un dialogue critique avec les marques d’ordinateurs et d’envisager les collaborations possibles pour un projet pilote de formation des ouvriers/ères, afin de parvenir à des améliorations concrètes dans les usines. Les œuvres d’entraide veulent informer les consommatrices et consommateurs: elles ne lancent pas d’appel au boycott, mais les invitent plutôt à agir en exigeant des marques qu’ils produisent leurs ordinateurs dans des conditions équitables.
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